Nous intervenons sur des projets d'introduction et de déploiement d'outils à base d'IA à la demande des entreprises, des salariés et de leurs représentants. La question est alors la même que pour chaque modification organisationnelle: est-elle utile ? que produit-elle d'intéressant ? On retrouve là les classiques de l'ergonomie du logiciel : quel est l'état initial ? quels sont les cas métiers à prendre en compte ? Comment vérifier si ça marche, ou non ? Quels tests ou contre-tests sont à faire ? Avec quels utilisateurs ? Selon quel calendrier ?
Dans le contexte spécifique des demandes CSE nous regardons comment l'entreprise et la direction gèrent et ont prévu la consultation des élus, ainsi que la démarche prevention/RPS associée. Ces projets d'IA sont la plupart du temps à assimiler à un "projet important de modification des conditions de travail" et nécessitent une démarche projet, à étapes, et avec consultation des utilisateurs.
La question de la charge de travail transitoire est également à investiguer, d'autant que les directions tertiaires n'ont généralement pas ces habitudes de calcul de temps de cycles plus intégrés coté Industrie. Ils sont pourtant vitaux à produire pour vérifier l'intéret réel des projets, aussi bien pendant la période d'adaptation qu'à terme. La dépendance numérique et les impacts des variations de versions des IA (non stables d'une version à l'autre) sont aussi regardés. Coté salariés c'est l'impact psychologique et cognitif qui est à regarder pour les salariés.
Par exemple, ici à gauche, une société de presse souhaite introduire des agents IA pour "proposer" aux journalistes des modifications de leurs articles. Le présupposé de conception est qu'on l'aide avec ces agents. Le constat fait est inverse : le journaliste doit lire 3000 signes de commentaires et remarques proposées pour un article de 1000 signes : le temps de lecture des remarques est 3 fois supérieur à celui de l'article lui même, et les règles se contredisent et ne sont pas prioritérisées malgré un montage agentique cohérent. Au final, lors de notre étude, les journalistes perdent du temps et sont obligés de refaire leurs articles correctement : énervement, perte de sens, temps perdu. Rien qui ne facilite le travail sur ce sujet, au contraire.